Revue permanente
Egalité - Pouvoirs - Représentation
Les Etudes féministes : perspectives
épistémologiques
pour repenser le langage, la parole politique et la constitution d'un monde
commun
par Gwenolé Fortin
Le conflit verbal : un fait de surface
Je travaille depuis plusieurs années sur les pratiques langagières dans les débats politiques télévisés. Sociolinguiste, je m'efforce de porter un regard socio-pragmatique sur les logiques discursives comme signifiant autant par leur existence même que par leur contenu propositionnel ; ce qui implique de prendre en compte la fonction identitaire du langage et l'idée que l'on communique avant tout pour co-produire des identités situationnelles et pour construire du sens.
Sur un plan épistémologique, je pense aussi qu'il faut se prémunir
d'enfermer l'objet sur lequel on travaille, ou les réalités que l'on questionne,
à l'intérieur d'un paradigme donné, sous l'étiquette selon laquelle la langue
courante le désigne, mais donner une chance à cet objet d'être autre chose,
d'être différent de ce que l'on veut qu'il soit.
Par exemple, parler d'un débat politique comme d'un conflit, d'un affrontement
ou bien encore comme d'une joute verbale, c'est l'enfermer dans un carcan dont
il est bien difficile de s'extraire.
Je ne dis pas pour autant qu'il faut nier la dynamique conflictuelle
qui préside, il est vrai, à la plupart des débats politiques télévisés, apparaissant
dans la "mise en mots" et, surtout, dans la façon dont on en parle. Je voudrais
plutôt insister sur le fait que l'on peut aussi l'envisager comme un rituel
socioculturel fondé sur des conventions de coopération : les hommes politiques
n'interagissant pas seulement l'un sur l'autre, mais aussi et surtout l'un pour
l'autre, c'est-à-dire pour permettre à l'autre d'interagir avec les téléspectateurs
(et cela de façon bien entendu extrêmement médiatisée).
Et finalement, ce qui se joue prioritairement dans ces interactions polémiques
c'est une dynamique de co-validation d'identités conversationnelles visant à
confirmer la relation et l'appartenance à une même culture (en l'occurrence
politique) et une sorte d'adhésion au " jeu politique " lui-même. Car le débat
démocratique est socio-historiquement assimilé à un " duel " ou un " combat
".
Un exemple :
Nicolas Sarkozy : "Disons que je pense que le combat est beaucoup
plus physique, à tous les sens du terme, avec Jean-Marie Le Pen, et que Monsieur
Ramadan j'ai dû me donner du mal pour le débusquer." (100 minutes pour
convaincre, France 2, 20 novembre 2003)
Construit selon la représentation des métaphores guerrières ou
sportives, le débat politique s'est conformé aux attentes historiquement constituées,
aux affrontements réglés, tout en les régulant suivant les émissions télévisées
et les enjeux.
De telle sorte que le conflit verbal n'est alors ici que l'expression historique
et culturelle du jeu politique démocratique (héritage gréco-latin inaugurant
la rivalité comme principe premier de l'expression démocratique) : un fait de
surface s'enracinant dans le goût des mises en scènes protocolaires des plateaux
télévisés (face-à-face, journaliste-arbitre au milieu, etc.), et la profusion
des métaphores guerrières dans le corpus journalistique.[1]
C'est pourquoi, l'étude d'un phénomène social, quel qu'il soit,
ne doit pas viser, à mon sens, à en réduire la complexité afin d'en révéler
certaines clefs (ceci relève du travail des conseillers en communication auprès
des hommes politiques !), mais doit consister au contraire à mettre à jour la
complexité de l'objet et ses ramifications jusque dans des domaines qui lui
sont, en apparence seulement, étrangers.
Et c'est dans cette perspective que les Etudes féministes me semblent tout à
fait pertinentes pour une réflexion sur le langage et en particulier sur la
parole politique en situation de débat.
Le féminin et le masculin se construisent mutuellement
Ma réflexion s'appuie particulièrement sur deux journées d'études organisées par Delphine Gardey et Llana Löwy au Centre de Recherche en Histoire des Sciences et des Techniques (CRHST) (CNRS/ Cité des Sciences et de l'Industrie) les 24 janvier et 24 avril 1997. Elles ont donné naissance à un ouvrage tout à fait étonnant - et passionnant - retraçant l'évolution des Etudes féministes et les enjeux épistémologiques qui lui sont directement liés : déconstruction des discours naturalistes sur les femmes, et historicité de leur production.[2]
Les Etudes féministes se caractérisent par la volonté de révéler face aux discours naturalistes la dimension de l'entreprise socioculturelle qui a fabriqué les individus féminins. Aussi, l'apparition du terme "gender " dans les années 70 traduit la volonté de distinguer les différences biologiques de sexe, considérées comme innées, des attributs de sexe, considérés comme acquis : le sexe marquant la nature, les différences biologiques entre hommes et femmes, le "genre" renvoyant à la culture, c'est-à-dire aux classifications socioculturelles du masculin et du féminin.
L'apparition du terme "gender" a ainsi transformé la représentation
des relations hommes/femmes, séparant les données biologiques des constructions
sociales liées à ces données. La distinction linguistique a permis de faire
naître d'autres questionnements et de modifier les habitudes mentales en montrant
que le féminin et le masculin se construisaient mutuellement.
La distinction entre sexe et genre a engendré une distinction entre un invariant
"naturel", le sexe biologique, et le genre en tant que sexe social. Et il me
semble que cette rupture a été d'autant plus efficace socialement qu'elle reposait
corollairement sur une "coupure" (une frontière) entre disciplines, et plus
encore entre disciplines ne possédant pas la même valeur dans la hiérarchie
des activités scientifiques : les sciences "dures" par opposition aux sciences
"molles" que seraient les sciences de l'Homme et les sciences sociales. Les
Etudes féministes ont remis en cause une définition naturaliste des identités
et mis en évidence le caractère éminemment social des catégorisations de sexe.
Dans les années 80, les Etudes féministes - reposant sur une histoire des sciences renouvelée - ont ainsi réussi à remettre en cause l'idée d'un socle biologique en montrant que les différences "naturelles" entre les sexes étaient également le produit d'une histoire socioculturelle. En déconstruisant la représentation du sexe biologique, fantasmé comme un invariant naturel, les Etudes féministes ont ainsi mis en lumière de façon totalement révolutionnaire aussi le caractère historique et local des formes de validation scientifique et de construction des savoirs, ouvrant la voie aux sciences studies (anthropologie des sciences).
Déconstruction de l'imaginaire scientifique
Ces travaux ouvrent un nouvel espace de dialogue mettant en lumière les rapports extrêmement complexes qui se nouent entre des savoirs scientifiques d'une part, et la définition du féminin et du masculin d'autre part. A priori éloigné des problématiques langagières et des débats politiques en particulier, ces études qui s'intéressent à la façon dont les sciences ont fait des hommes et des femmes, et de la différence sexuelle, un objet d'investigation scientifique, est pertinent dans la mesure où elles s'inscrivent dans une interrogation d'ordre plus général sur les dichotomies traditionnelles héritées de la pensée grecque et constituant le socle, ou le tronc commun, des sociétés occidentales : Nature/Culture, Logos/Doxa, savant/populaire, Raison/émotion, etc. C'est-à-dire que le féminisme est parti prenante de représentations beaucoup plus vastes qui excèdent le champ traditionnel des "revendications féministes", ordonnant le social et sa pensée.
À l'instar du discours sur les femmes - objet longtemps privilégié
des sciences médicales et contesté par les Etudes féministes -, le débat politique
est un objet révélateur de ce que peut être "l'imaginaire" scientifique.
Ainsi, cette représentation, cet imaginaire construit par "la" Science, est
perçu comme un savoir incontestable et qui, de fait, ne se discute plus. On
saurait aujourd'hui, et de nombreux "spécialistes" sont là pour nous le rappeler,
ce qu'est un débat politique. Certes, il se décline sous diverses formes
à la télévision par exemple, mais sa nature resterait immuable.
Qu'on ne se méprenne pas sur le sens de mes propos : il ne s'agit pas ici de
dénoncer ou de jeter l'opprobre sur un héritage scientifique fait de discours,
de représentations, et encore moins d'en contester la légitimité, mais bien
plutôt d'insister sur la construction de cette "nature", de cette "réalité"
et d'en re-problématiser l'apparente évidence. Le débat politique aujourd'hui
est un objet construit, et un savoir socialement, culturellement et historiquement
modelé.
Dans la lignée des Etudes féministes, je voudrais donc ne plus
m'installer dans la position du "chercheur de laboratoire" étudiant un objet
(le débat politique) enfermé dans une éprouvette (monde naturel produit par
la Science) : ne pas isoler cet objet, de ne pas le confondre avec cet imaginaire
dont je parlais plus haut, mais regarder attentivement comment il est construit
afin d'être à même de poser les "bonnes" questions, ou tout au moins de nouvelles
questions. Regarder au-delà donc de ce qui nous est donné à entendre et à voir
aujourd'hui sur la véritable "nature" du débat politique, et s'intéresser plus
particulièrement aux processus qui la conditionnent ; processus qui traduisent
des observations et des comportements socio-historiques structurés en phénomènes
"naturels".
L'enjeu est de taille car il doit permettre, en rendant compte de la dimension
socio-historique de sa définition, de se débarrasser des lieux communs symptomatiques
de cet "imaginaire" que je caricature quelque peu ici par souci de clarté :
stérilité des débats, arguments répétitifs et langue de bois des hommes politiques,
etc. La dé-construction de cet imaginaire permet de dépasser les poncifs traditionnels
associés aux débats télévisés : rhétorique manipulatrice, discours et identités
médiatisés par des artefacts techniques - sophistiques - qui dé-naturent
le débat.
En occident, les "faits de nature" sont en effet une réalité suprême - objective et immuable. D'un côté, la Nature (les faits, l'objectivité, la Raison), de l'autre la Culture (la subjectivité, l'émotion, la société et ses conflits). Et depuis le dialogue entre Platon, Socrate et Calliclès dans le Gorgias, la Nature est ce qui, fondamentalement, "échappe" à la politique, au monde social - ces derniers paralysant ou "polluant" l'activité scientifique. En un mot : aux scientifiques la gestion de la Nature, aux politiques celle de la Culture et les vaches seront bien gardées ![3]
Nature/Culture
En effet, la démarche épistémologique classique a construit son discours en posant la Science comme indépendante des activités politiques et sociales - visant l'universalité et l'objectivité - et en opposition au sens commun. Cette attitude fondée sur une série de disjonctions fondamentales (Nature/Culture, Raison/émotion, savoir/opinion, etc.) trouve ses fondements explicites dans la République de Platon avec l'allégorie de la Caverne où Platon postule l'existence d'un monde naturel, indépendant des contingences humaines, et d'un monde social en proie aux tumultes permanents, dont seul le philosophe aurait la capacité de "s'extraire", pour revenir ensuite imposer définitivement le consensus. La disjonction Nature/Société a consacré en occident notre façon conventionnelle de séparer l'investigation scientifique - et la convocation de ses objets - des activités politiques. Platon construit ainsi dans un même mouvement deux univers hétérogènes tout en accordant au seul philosophe-savant - incarné aujourd'hui par la figure de l'expert scientifique - le pouvoir de dire ce que sont les choses et ainsi de clore les débats.
Cet acte constitutif des sociétés occidentales assigne donc à la politique une place très réduite, voire marginale : la politique n'aurait pas de prise directe sur le monde (qui est déjà constitué), n'étant que le lieu d'expression des passions, des intérêts individuels et des conflits stériles (c'est l'enfer du social dans le mythe platonicien de la Caverne). Platon a réduit ainsi la pensée politique à la seule activité - secondaire - de gestion des passions : déléguant du même coup à la seule pensée scientifique le pouvoir de dire ce que sont réellement les choses.
La dualité Nature/Culture (ou Société) est donc fortement ancrée dans la pensée occidentale comme une spécificité de notre modernité, émergeant historiquement comme un trait du travail philosophique de Platon visant à déconsidérer le discours des sophistes. Aussi la co-construction de la démocratie et de la rhétorique en Grèce au Ve siècle a engendré une inaltérable tension entre Platon et les sophistes, et entre la dialectique (règne du logos) et la rhétorique (règne de la doxa) qui perdure aujourd'hui (les hommes politiques essuyant les mêmes critiques que les sophistes hier !).
La parole politique : une nouvelle sophistique ?
Inscrit dans ce paradigme consacrant la séparation des faits et des valeurs, l'a priori des linguistiques communicationnelles (modèle du code) laissait entendre que le langage dit le monde, c'est-à-dire qu'il transporte l'information. Ce que traduit la linguistique informationnelle, symbolisée par la "métaphore du conduit", c'est donc l'adéquation entre le langage et le monde.
De sorte que les théories modernes de l'Argumentation - d'inspiration largement néo-platonicienne et tributaires de la définition que Platon donne de la Science - s'ancrent dans une sorte d'anthropologie du convaincre où argumenter ce serait toujours chercher à convaincre le/les interlocuteur(s), direct(s) ou indirect(s).
C'est pourquoi - constatant que les hommes politiques visent davantage à séduire plutôt qu'à convaincre - les critiques formulées à l'encontre de ces derniers sont aisément comparables à celles essuyées hier par les sophistes ; à tel point que la parole politique est assimilée à une sorte de nouvelle sophistique : celle-ci serait inauthentique, trompeuse, mensongère, etc. [4]
Mais le tour des force réussi à mon sens par les Etudes féministes (et l'apparition du terme " gender ") c'est qu'elles ont permis de s'attaquer aux certitudes par rapport à la division "naturelle" de l'humanité en deux sexes et des caractéristiques stables à chacun de ces sexes (le sexe biologique et le sexe social sont aussi des constructions sociales), et en même temps de déconstruire ce "partage" préfabriqué, procédant à la dé-construction de la dichotomie Nature/Culture.
Elles mettent en lumière combien la simplification platonicienne disqualifie en fait l'intervention des citoyens (disqualification de l'opinion) et présente un danger bien plus important pour la démocratie que les dispositifs pourtant tant décriés de la politique-spectacle et ses "relents sophistiques". En nous libérant de la Caverne et de l'enfer du social dans lequel nous avait plongés Platon en instrumentalisant la dichotomie Nature/Société, les Etudes féministes renouvellent ainsi la pensée démocratique ainsi que ses véritables enjeux. Car l'ancienne constitution du monde commun, fondée sous les auspices d'un monde naturel (celui de la Science), n'avait pas besoin de démocratie : le monde commun était ancré dans la "nature même des choses" et les débats ne portaient ainsi pas sur l'essentiel, mais seulement sur les représentations subjectives, culturelles, émotionnelles. La Raison devait faire taire tous les débats, les chiffres "parlaient d'eux-mêmes" !
La Nature et le Social se construisent mutuellement
En désacralisant la Science et ses avatars - confiscation de la parole politique par les experts - les Etudes féministes ont permis d'ouvrir une réflexion sur les principes d'une nouvelle constitution démocratique : la disjonction moderne Nature/Société est retravaillée ici - dans une perspective démocratique (l'opinion n'étant plus chargée de tous les maux) - pour une articulation des sciences et de la politique où la Nature et le social ne se partagent plus a priori en deux ensembles distincts et hétérogènes mais se co-construisent simultanément. [5]
Les Etudes féministes permettent ainsi de re-questionner ce mode de construction du monde commun, rejetant une conception de la Science travaillant en marge de la société. Et les perspectives ouvertes par ces travaux permettent alors de repenser à la fois la recherche scientifique, la politique et le langage, envisageant l'activité scientifique et l'activité politique comme deux dimensions intercorrélées dans l'élaboration progressive (et démocratique) d'un monde possible (et non d'un monde déjà là).
La nature et la société, comme le masculin et le féminin, se co-construisent simultanément : il n'y a pas la Science d'un côté et le politique de l'autre, mais une même procédure d'expérimentations collectives au service de la composition d'un monde commun qui ne doit donc plus être déléguée aux seuls experts scientifiques. Et ces nouveaux enjeux nous imposent alors d'inventer de nouveaux moyens d'expressions - forums hybrides à la fois politiques, médiatiques et scientifiques allant de pair aussi avec la disparition de la figure de l'expert, omniprésent sur les plateaux de télévision (et pas seulement des émissions politiques)
Ces travaux ont permis de repenser, de reproblématiser la question de la construction du monde commun - construction à la fois engageante et risquée : l'enjeu n'étant plus de représenter ce qu'est le monde (le dévoiler derrière le masque des apparences ), mais construire collectivement ce qu'il pourrait être. Et si l'on veut " donner une chance " à la politique - et en particulier aux débats - d'être autre chose que des conflits stériles, immobiles, dangereux pour la démocratie, la perspective engagée par les Etudes féministes et entérinée par le travail des anthropologues des sciences (Latour, Stengers, etc.), reposant sur une relecture de Platon (déconstruction des dichotomies traditionnelles : Nature/Société, Logos/Doxa, etc., à l'origine des linguistiques informationnelles) me semblent non seulement pertinente mais aussi grandement nécessaire.
Dans la perspective de ce que j'appelle une sociolinguistique de l'action, le langage devient alors l'instrument politique permettant de penser un monde commun, un agir ensemble possible sur un mode qu'aucun tribunal de la Raison ne vient plus ordonner a priori. L'effet de vérité ne résulte pas de l'adéquation entre le réel et le représenté mais de la coïncidence entre deux discours qui, du même coup, donne forme au réel, et le crée - même rétrospectivement. Aussi, la parole politique ne se contente pas de transmettre de l'information ou des savoirs mais produit des volontés. Les mots, les discours, les débats n'ont donc de sens qu'enlacés aux choses et enlacés au monde. Le langage ne dit pas le monde : il est l'acte politique d'un vouloir-vivre ensemble.
Gwenolé Fortin (Docteur en Sciences
du Langage, Chercheur associé à l'Université de Rennes 2),
mars 2007
Notes
[1] Voir FORTIN (Gwenolé), " L'interaction conflictuelle : mode d'expression symbolique du jeu politique démocratique ", Cahiers de l'Institut de Linguistique de Louvain (CILL), vol. 30, Louvain, 2004, pp. 55-72
[2] GARDEY (Delphine) & LOWY (Llana), (dir.), L'invention du naturel. Les sciences et la fabrication du féminin et du masculin. Edition des archives contemporaines, Paris, 2000
[3] Voir LATOUR (Bruno), Nous n'avons jamais été modernes. Essai d'anthropologie symétrique, La Découverte, Paris, 1991
[4] Voir FORTIN (Gwenolé), " Une dérive néo-sophistique ? Les pratiques argumentatives dans les débats politiques télévisés ", Communication & Langages, Dialogues politiques : images et miroirs, n°148, Juin 2006, pp. 53-68
[5] Voir STENGERS (Isabelle), Cosmopolitiques ? Tome 1 : la guerre des sciences, La Découverte & Les empêcheurs de penser en rond, Paris, 1996
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