Philosophie / Politique

Revue permanente

Egalité - Pouvoirs - Représentation


BibliographieNotes de lectureNotes sur des filmsLiens Internet


Commentaires et contributions


Paul DUMOUCHEL, "La tolérance n'est pas le pluralisme",
article paru dans la revue Esprit, août-septembre 1996, p. 165 sqq.

 

Que signifie le fait, pour des groupes d'individus différents, d'avoir des échelles de valeurs différentes et pas forcément compatibles entre elles ? Le pluralisme et la tolérance sont deux réponses à cette question.

Deux caractères essentiels distinguent, selon P. Dumouchel, le pluralisme et la tolérance:
- pour le pluralisme, les conceptions du bien en présence ne sont pas fondamentalement en conflit. Les divers groupes ne peuvent s'opposer que par l'intermédiaire de l'Etat, dont chacun tente d'obtenir le maximum.
- le pluralisme, qui considère les diverses conceptions du bien comme un patrimoine à défendre, apparait comme une doctrine politique conservatrice. Il peut parfois être amené à défendre des pratiques à l'avantage desquelles tout ce qu'il y a à dire est qu'elles ont été adoptées par certains.

L'éthique sur laquelle repose la tolérance morale est formelle plutôt que substantielle, c'est pourquoi elle n'exclut ni ne prescrit aucune action.
Une société pluraliste est une société dans laquelle la vertu libérale de la neutralité à l'égard des diverses conceptions du bien est remplacée par l'engagement en faveur du plus grand nombre de conceptions du bien possibles.
Le pluralisme, conçu comme la défense et la promotion des diverses traditions dont sont issus les membres de la société, peut apparaitre comme une réaction de la pensée libérale à la critique communautariste.

P. Dumouchel fait l'éloge de la notion de tolérance: elle permet selon lui d'envisager les conceptions du bien comme étant vouées à évoluer. Ces conceptions sont les étapes d'un cheminement moral continu: il ne s'agit donc pas de conserver l'héritage éthique de l'humanité, mais d'interdire certaines des façons de modifier nos conceptions du bien, au profit d'autres, qui mettent en avant un processus de délibération politique.

 

Guillaume Dupont, avril 2002


Retour en haut de page

"Philosophie / Politique - Revue permanente"
Le site est en ligne depuis le 15 février 2002