Philosophie / Politique

Revue permanente

Egalité - Pouvoirs - Représentation


Le problème du financement des retraites en France

Présentation synthétique

 

Le système français comporte une grande diversité de régimes de retraites. L'assurance vieillesse est constituée :
- par un régime professionnel : selon les secteurs et les professions, la couverture est assurée soit par un régime de base et un régime complémentaire, soit par un seul régime qui exerce alors les deux fonctions ;
- et par un recours à la solidarité nationale à travers le minimum vieillesse, servi à toutes les personnes de 65 ans et plus dont les ressources sont inférieures à un certain seuil.
Ce sont en tout 163 milliards d'euros qui ont été versés au titre de l'assurance vieillesse en 2000, soit 11,6% de la richesse nationale.

Le système français est un système de retraites par répartition, qui établit une égalité de principe entre les cotisations et les prestations.
L'équilibre d'un tel système repose sur trois types de facteurs :
- des facteurs démographiques, qui déterminent le rapport entre le nombre de personnes en âge d'être à la retraite / et le nombre de personnes d'âge actif, c'est-à-dire entre 20 et 59 ans (c'est ce qu'on appelle le "ratio de dépendance démographique") ;
- des facteurs relatifs à l'activité et à l'emploi ;
- des facteurs relatifs à la réglementation déterminant le montant des pensions.

La démographie devrait se trouver marquée par deux phénomènes :
- l’arrivée à l’âge de la retraite des générations du baby boom (nées entre 1945 et 1960) qui fera passer, à partir de 2005, les flux de personnes atteignant 60 ans d’environ 500 000 à plus de 800 000 par an ;
- l’allongement de l’espérance de vie à 60 ans, qui pourrait passer d'un peu plus de 22 ans en moyenne aujourd’hui à un peu plus de 28 ans en 2040 (soit un accroissement d'environ 2 mois par an, l'espérance de vie à la naissance passant, entre 2000 et 2040, de 75,2 à 82,7 ans pour les hommes, de 82,9 à 89,7 ans pour les femmes).
Ces projections sont effectuées dans l'hypothèse d'une natalité de 1,8 enfant par femme et d'un solde migratoire de + 50000 personnes par an (hypothèses retenues par l'INSEE sur la base du dernier recensement).

Même à supposer une diminution du chômage et une stabilité de la croissance économique, si la réglementation sociale actuellement en vigueur est maintenue, l'évolution démographique affectera l'équilibre à long terme du système français de retraites.
A taux d'activité inchangé, on devrait passer d'environ 2 actifs pour 1 retraité en 2000 à 1 actif pour 1 retraité en 2040 (soit un doublement du rapport entre le nombre de retraités et le nombre de cotisants, ou "ratio de dépendance économique").
La part des dépenses de retraite dans le PIB devrait passer quant à elle de 11,6% à 15,7% (taux pouvant aller jusqu'à 16% selon les hypothèses retenues).

Les options pour augmenter le financement des retraites tout en restant dans le cadre du système par répartition sont au nombre de trois : diminuer le montant des pensions ; allonger la durée d'activité ; augmenter le taux de cotisation.
Pour que le débat sur les solutions puisse être mené, la priorité est de prendre conscience du problème.

Pour plus d'information :
-
"Retraites : fiches pour l'information et le débat", document du Conseil d'Orientation des retraites (www.cor-retraites.fr)
- "Le dossier retraites", document de l'Observatoire des retraites (www.observatoire-retraites.org)
- le dossier "Retraites" du quotidien Libération

 

"philosophiepolitique.net", juin 2003


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